Au cœur du site classé de l’Espiguette, au Grau du Roi, le Domaine de la Capelude écrit une nouvelle page de son histoire. Longtemps marqué par l’artificialisation humaine et des projets d’aménagement successifs, cet espace emblématique du littoral camarguais fait aujourd’hui l’objet d’une ambitieuse opération de reconquête écologique portée par l’Office Français de la Biodiversité (OFB), FDJ United, le Conservatoire du littoral, le Conservatoire d’espaces naturels d’Occitanie et la Ville du Grau du Roi.
Lauréat de la troisième édition du programme national « Mission Nature », soutenu par FDJ United et l’OFB, le projet bénéficie d’un important financement destiné à restaurer durablement cet espace naturel sensible.



Une friche devenue symbole de renaturation
Autrefois terre agricole et domaine de gardians, la Capelude avait progressivement évolué vers des activités d’hôtellerie haut de gamme. Sur le site se dressait notamment la “Datcha des Sables”, un complexe de luxe composé de deux grands bâtiments avec piscine, implanté en pleine Camargue.
Mais après des années d’abandon, les bâtiments étaient devenus une véritable friche au cœur d’un environnement naturel remarquable. Rachetée par le Conservatoire du littoral dès 1994, la propriété était restée à l’état de ruine, malgré une réhabilitation ponctuelle d’un des bâtiments pour le tournage du film Donne-moi des ailes en 2018.
Aujourd’hui, il ne reste plus rien de ces anciennes constructions. Les bâtiments ont été entièrement démolis afin de permettre à la nature de reprendre ses droits.

Une opération écologique d’envergure
Les travaux engagés au début de l’année ont permis la dépollution complète du site et l’évacuation de plus de 1 200 tonnes de matériaux, dont 16 tonnes d’amiante. Quinze tonnes d’espèces végétales exotiques envahissantes ont également été retirées.
Montant de l’opération : près de 230 000 €, financés à près de 80 % grâce aux recettes du programme « Mission Nature ».
L’objectif est désormais de restaurer les habitats naturels typiques du littoral camarguais : sansouïres, mares temporaires et continuités écologiques favorables à la biodiversité.
Pour Rémi Jullian, représentant du Conservatoire d’espaces naturels d’Occitanie, cette transformation est déjà porteuse d’espoir : « C’était une véritable verrue paysagère qui avait bouleversé la morphologie du territoire. Aujourd’hui, les premiers signes de retour de la biodiversité sont visibles. »
Parmi eux, plusieurs espèces remarquables ont déjà été observées sur le site, comme les Chevaliers gambettes ou encore le Leste à grands stigmas, une libellule classée “en danger” en France.